4 exercices pour développer la sonorité

4 exercices pour développer la sonorité

Avoir une belle sonorité cristalline, chaude, puissante, lumineuse … c’est un peu la quête sans fin de tout musicien, écrivions-nous dans l’article de la semaine passée ! Hé oui, le travail de la sonorité ne se termine jamais ! On commence d’abord par s’entraîner pour « trouver le son ». Ensuite, on entame un travail pour développer ce son, l’amener vers plus de finesse, plus de puissance, plus de souplesse, plus de brillance … c’est en fonction de chacun. Et enfin, on continue de chercher pour le faire évoluer.

La sonorité c’est un peu comme une matière vivante, il faut l’entretenir et la nourrir : avoir une pratique régulière de ce travail, veiller à la qualité de la posture, de la respiration et de l’écoute (développement de l’oreille). Nous avons abordé ces points dans notre article : « Nos meilleurs conseils pour un super son ! ».

Voici quatre exercices pour vous aider à développer votre sonorité ; ils sont à intégrer dans votre plan de travail quotidien :

1. Les sons filés

C’est un exercice incontournable pour la sonorité. Il permet de travailler la finesse et la justesse du son.
Qu’est-ce que sont « les sons filés » ? Il s’agit de jouer lentement deux notes conjointes, en commençant dans une nuance mf (mezzo-forte = moyennement fort) pour finir avec une nuance pp (pianissimo = très faible), sans altérer la justesse et la qualité du son. Et cela sur toute la tessiture de la flûte. C’est un exercice assez difficile, qui demande la maîtrise de la colonne d’air, et une écoute très attentive pour pouvoir corriger les défauts de justesse. Plus on joue piano (doux), et plus le son aura tendance à baisser. En effet, pour diminuer la nuance, il faut diminuer la quantité d’air envoyée dans la flûte mais sans diminuer la pression ! Et tout cela, très progressivement afin que l’on ait l’impression que le son diminue et disparaît doucement.

« Patience et longueur de temps… » pour maîtriser cet exercice :-). Au début, entraînez-vous seulement sur une octave, puis petit à petit, quand vous commencez à être plus à l’aise, ajoutez quelques notes pour arriver à deux octaves puis trois. Soyez à la fois exigeant et indulgent avec vous-même : essayer de faire au mieux en sachant qu’il sera difficile que tout soit parfait. C’est la répétition à long terme de cet exercice qui vous permettra d’en récolter les bienfaits.
Voici un exemple de sons filés en chromatisme sur une octave :

Dans cet exemple, l’exercice se fait en descendant, mais n’hésitez pas à le travailler aussi en montant (c’est-à-dire du grave vers l’aigu). Le mouvement chromatique n’est pas obligatoire (si vous n’êtes pas encore à l’aise avec ces doigtés), mais il a l’avantage de vous faire jouer toutes les notes.

2. Les gammes

On s’attend plus à trouver le mot gamme dans un article qui parle de technique de doigts. Pourtant, le travail des gammes, dans un tempo modéré et legato (lié), est un excellent exercice de sonorité ! Cela va permettre de développer la fluidité et l’homogénéité du son. L’exercice EJ4 du cahier « 17 Grands Exercices Journaliers de Mécanisme pour flûte » de Paul Taffanel et Philippe Gaubert est idéal pour cet objectif. Il s’agit de gammes développées qui font travailler la régularité des doigts mais développent également la sonorité en travaillant sur toute la tessiture de la flûte. En voici un exemple en do Majeur :

Jouez ces gammes dans une nuance mf. Choisissez un tempo dans lequel vous êtes à l’aise. L’important dans cet exercice est de veiller à l’homogénéité du son sur toute la tessiture.

3. Les harmoniques

Travailler les harmoniques va vous aider à ouvrir et à enrichir votre sonorité, ainsi qu’à améliorer la précision de l’attaque du son. C’est également intéressant pour la maîtrise du registre aigu. Comment « travailler les harmoniques » ? Il s’agit de jouer toutes les notes possibles à partir d’un seul doigté (un doigté de grave), en variant la direction et en contrôlant la vitesse de l’air. Ces harmoniques arrivent toujours dans le même ordre :

  • La fondamentale, c’est-à-dire la note qui correspond au doigté
  • puis en variant la vitesse d’air, vient l’octave supérieure
  • vient ensuite une quinte supérieure
  • puis une nouvelle octave supérieure
  • une tierce
  • et ainsi de suite …

S’entraîner à jouer jusqu’à la 5ème harmonique peut être suffisant pour développer la sonorité. Mais vous pouvez bien sûr essayer d’aller le plus loin possible ;-). Voici des exemples d’harmoniques (les losanges) obtenus à partir du doigté grave :

4. Les sons soufflés

Les sons soufflés, ce sont des sons attaqués sans coup de langue (sur le diaphragme). Le démarrage d’une note est très important. En fonction de la note, de sa tessiture et de sa nuance, il est plus ou moins difficile de jouer un début de note précis. C’est ce que cet exercice permet de travailler. Sans l’action de la langue, pour commencer la note, nous n’avons pas d’autre choix que de nous appuyer sur l’action du diaphragme et sur la détente de l’embouchure (des lèvres) pour émettre les notes avec précision. Dans sa méthode « La technique d’embouchure« , Philippe Bernold y consacre tout un chapitre. Il y propose, entre autres, cet exercice :

A partir d’une note pivot (sol, dans cet exemple), il faut monter chromatiquement en détachant chaque note uniquement grâce au diaphragme, comme vous le feriez si vous prononciez le son « HA ». Plus on monte dans les aigus et plus il est difficile d’émettre la note parfaitement. Travaillez cet exercice lentement, en veillant à ne pas commencer la note par l’octave grave et à ne pas laisser l’octave grave arriver en fin de note.

Il existe beaucoup d’autres exercices permettant de développer la sonorité. Commencez par vous exercer avec ceux-ci, puis quand vous en sentirez les effets, demandez-en nous d’autres? 😉

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