Nos meilleurs conseils pour votre « super son »

Nos meilleurs conseils pour votre « super son »

Acquérir une belle sonorité … c’est une quête … très personnelle, tous les goûts sont permis : on peut la vouloir cristalline, chaude, puissante, lumineuse … C’est aussi une quête sans fin, qui évolue constamment au fil du temps et au gré de paramètres musicaux, physiques, psychologiques, physiologiques, etc. Il serait difficile de définir ce qu’est une « belle sonorité » mais une chose est sûre, cela dépend de plusieurs facteurs.

Nous vous dévoilons dans cet article quelques conseils pour développer un … super son, votre super son ! 😉

La posture : stabilité et mobilité

Nous vous en avons déjà parlé dans l’article : « 4 points essentiels pour mieux jouer de la flûte », la posture est essentielle pour une belle sonorité (et pour bien d’autres aspects) et cela implique :

Une stabilité du corps afin d’être bien ancré au sol et que le corps puisse servir de résonateur naturel. Une posture adéquate du corps permet une « bonne » respiration (inspiration, expiration), qui est déterminante pour la qualité du son.

Une position de la tête ajustée (ni trop basse, ni trop haute) afin d’avoir la « liberté » nécessaire à la direction d’air dans le trou de l’embouchure, ce qui est fondamental pour les changements de tessiture et le timbre de votre son.

Une tenue stable de votre flûte qui évite ainsi des tensions qui se répercuteraient sur la sonorité.

  • Avant de commencer à jouer, interrogez-vous : « suis-je dans une posture stable ? ».
  • Passez en revue les différentes parties de votre corps afin d’évaluer votre équilibre au niveau des membres inférieurs, des membres supérieurs et de la tête. Il ne s’agit pas d’être immobile, ce qui engendrerait des tensions : nous avons besoin de « liberté », de souplesse dans notre tonicité, afin que les doigts puissent bouger, afin que nous puissions inspirer librement, afin de pouvoir nous « laisser aller » dans notre interprétation etc.
  • Certaines pratiques de type « éveil corporel » ou certaines méthodes (En’Man’do) permettent de développer la conscience corporelle et d’améliorer la perception des sensations physiques, ce qui ne peut qu’être bénéfique pour votre posture et donc votre sonorité.

Une pratique régulière de la sonorité en particulier : 5 à 15 minutes quotidiennes

Rien de « révolutionnaire » vous direz-vous. Et pourtant, c’est ce qui fait toute la différence … Pratiquer 1 heure ou 2, une fois par semaine, a peu d’effet sur la sonorité. C’est la répétition de ce que l’on acquiert qui permet d’évoluer, de comparer, de chercher, de trouver. Sans pratique régulière, vous pourrez tenter d’appliquer tous les conseils et astuces possibles, vous finirez certainement par réussir à jouer votre morceau, mais vous risquez de ne pas évoluer au niveau de la sonorité.

La respiration : travaillez-la aussi sans la flûte

Nous jouons d’un instrument à vent, la respiration est donc un paramètre primordial pour la qualité du son. « Prendre sa respiration » pour jouer d’un instrument à vent ne se fait pas comme une respiration au repos par exemple. Sans rentrer dans les détails, parce que l’anatomie, c’est plutôt du ressort des kinésithérapeutes et autres, il faut qu’une certaine quantité d’air puisse entrer dans la cage thoracique afin de pouvoir créer une certaine pression dans l’air expiré et libérer un certain volume d’air. Si l’air inspiré n’est pas placé au bon endroit, la pression intra-thoracique ne sera pas suffisante pour générer un beau son ou ira appuyer sur votre plancher pelvien, ce qui n’est pas bon, que ce soit pour les hommes ou les femmes !

Mais la respiration est un sujet sensible : interrogez dix flûtistes (« comment respires-tu pour jouer? »), ils vous répondront tous différemment. La formation des instrumentistes à vents a longtemps négligé les données physiologiques et on est tout doucement en train d’en prendre conscience … Certains grands flûtistes répondent à cette question par : « j’ouvre la bouche et je respire … » parce que pour eux la respiration est naturelle et que c’est un aspect qui n’est pas conscient chez eux.


Mais retournons à nos poumons … :


l’inspiration

Imaginez que l’air, en entrant, va faire que votre cage thoracique se « soulève ». Devant, derrière dans le dos, sur toute la hauteur de la cage : l’air va remplir cet espace. Pour vous aider à ressentir l’inspiration, videz-vous de votre air « jusqu’au bout », attendez quelques secondes, et puis laissez l’air rentrer. Vous sentirez l’air rentrer naturellement. Si vous mettez vos doigts sur vos côtes (pouce sur les côtes du dos, le reste de la main sur les côtes devant), sentez-vous comme elles s’ouvrent ? Michel Debost parle, lui, dimiter le bâillement pour une bonne inspiration.
⚠️ il est normal, après une grosse inspiration, que les épaules se soulèvent légèrement, mais il faut éviter un mouvement volontaire des épaules.

l’expiration

Nous devons contrôler au moins deux choses, le volume d’air et la pression de l’air. La qualité de l’expiration va dépendre de l’équilibre que nous mettrons entre volume et pression de l’air. L’enjeu est de gérer le débit de l’air qui sort, sans que toute la cage thoracique ne se relâche. Si c’est le cas, en quelques secondes vous aurez vidé votre air et obtenu un son peu flatteur (ne vous dégonflez pas voyons! 😉). Pour ce faire, quand on souffle lors de l’expiration, il faut essayer de ralentir la fermeture de côtes (sans aller jusqu’à se bloquer !). Essayez de les maintenir vers le haut et gérez la sortie de l’air (c’est-à-dire le débit) à partir du bas du ventre, avec le muscle abdominal du transverse et le diaphragme.

Pour conscientiser avec quels muscles vous allez expirer, cherchez le « point de la toux » (dans les arts martiaux on parle du point du hara) : une main sur le ventre, toussez. C’est le point de la toux. C’est de cette « région » que l’expiration doit être contrôlée (voir aussi les exercices de l’article « La sonorité : des gadgets et des idées pour vous aider » ).

  • Pour travailler l’inspiration, il faut que les tissus de la cage thoracique soient souples. Vous pouvez faire quelques étirements de la cage thoracique.
  • Pour travailler l’expiration, vous pouvez gonfler un ballon en posant une main sur votre ventre. Si vous avez des difficultés, imaginez qu’on vous serre la taille. Essayez de retrouver les sensations ressenties avec le ballon à la flûte.

Développez votre oreille : couleurs du son, écoute consciente et globale, chant intérieur

Comment envisager un travail sur la sonorité sans une capacité d’écoute développée ? Les musiciens parlent d’avoir une « oreille »… Avoir une oreille développée, ce n’est pas entendre si l’on joue juste (d’ailleurs, si plusieurs instrumentistes jouent juste, cela peut sonner …faux, ensemble ! ). C’est savoir écouter les sons dans leur globalité, en entendre les nuances, ou ce qu’on appelle la « couleur du son ». C’est exactement comme distinguer les couleurs visuelles. Si quelqu’un vous dit : « cet objet est bleu ». Vous lui répondrez : « Oui, mais … : est-il bleu clair, bleu foncé, brillant, sombre, intense ? ». Apprendre à entendre toutes ces « nuances », c’est ce qui nous permet ensuite de développer notre propre sonorité, notre propre palette de couleurs sonores.

  • Développez une écoute active, « consciente ». Vérifiez, lorsque vous jouez ou lorsque vous écoutez de la musique, si vous êtes concentrés dans votre écoute ou si, sans vous en rendre compte, votre esprit est parti ailleurs ? 😅 (hé oui, cela nous arrive à tous de passer « en mode automatique » sans nous en rendre compte). Mais l’écoute active (= consciente) est nécessaire pour développer l’oreille efficacement.
  • Chantez la musique de votre partition, ou de la musique en général. Entraînez-vous à reproduire en chantant les musiques que vous écoutez. Ce sera d’ailleurs tout bénéfice pour le phrasé de vos mélodies.
  • Développez l’écoute intérieure, chantez intérieurement : imaginez votre son, comment vous voudriez que la musique sonne.
  • Enregistrez-vous. L’enregistrement est un outil intéressant pour développer l’oreille et fait travailler la perception que l’on a de sa sonorité. On a une impression d’irréalité, c’est un peu dérangeant, comme entendre sa voix sur un répondeur ;-). Mais quand on s’y habitue, cela permet de s’écouter autrement et de se mettre du côté du spectateur.

On a souvent tendance à ne se soucier que de la technique des doigts, en voulant à tout prix jouer nos morceaux. Et on est déçu, voire découragé de ne pas entendre d’amélioration dans la sonorité. Mais la sonorité se travaille, comme le reste : le musicien doit « bichonner » sa sonorité, car sans son (et Dalila), la musique n’existe pas ! 😉

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