Pourquoi travailler des études?

Pourquoi travailler des études?

Ah … les études !!! Si vous avez étudié la flûte en École de musique ou au Conservatoire, vous n’y avez sans doute pas échappé 🙂 …

Si vous êtes autodidacte, vous avez certainement déjà rencontré des dizaines de cahiers d’études en fouillant dans les librairies musicales ! Et il est très possible qu’en les feuilletant vous ayez eu le réflexe de les ranger aussitôt ! 😅


C’est vrai que les études semblent rébarbatives car elles sont un condensé de difficultés techniques.

Notre défi dans cet article : vous convaincre de l’intérêt d’en travailler …

Mais d’abord … c’est quoi une étude ?

Une étude c’est une pièce, le plus souvent pour flûte seule (certaines peuvent comporter un accompagnement), qui se « focalise » sur un ou plusieurs points techniques. En général, ces études pour flûte sont écrites par des flûtistes : ils sont au fait des difficultés de l’instrument et des problèmes techniques ou musicaux qui méritent d’être travaillés spécifiquement.

Au sein d’un recueil, les études suivent souvent le même schéma, ce qui permet de structurer le travail et de rester concentré sur la difficulté abordée. Du point de vue de leur construction, elles sont la plupart du temps écrites sous une forme simple, comme la forme ABA : on gagne ainsi quelques lignes de travail puisqu’on retrouve le thème du début quasiment de façon identique à la fin.

Il existe par ailleurs des études pour tous les niveaux : des débutants aux professionnels.

Mais … pourquoi est-il intéressant de travailler des études, en plus des morceaux, des gammes etc. ?

Vous imaginez peut-être un compositeur couvrant sa feuille d’innombrables notes, ricanant à l’idée de tous ces musiciens qui s’arracheront les cheveux en travaillant son œuvre 😈 ? Non, il y a des raisons beaucoup plus positives qui poussent certains pédagogues à écrire de telles pièces …

Progresser dans un domaine spécifique

Chaque étude vise en général à travailler une ou deux difficultés techniques précises. Le choix de celles-ci est presque infini, ce qui explique la profusion d’études existantes ! Car on peut travailler entre autres :

  • une articulation : détaché simple ou piqué, détaché double, légato, …
  • un rythme : syncope, sicilienne, croche pointée double, …
  • un ornement : mordant, trille, appoggiature, …
  • un enchaînement de doigtés : Do-Ré, Mi-Fa#, certains doigtés d’aigus, le chromatisme, …
  • une tonalité : souvent, les cahiers d’études proposent une tonalité par étude, voire un cycle complet de tonalités
  • un phrasé
  • la vitesse d’exécution

Progresser dans sa technique …. sans oublier la musique

Ce qui est intéressant, c’est que le travail des études permet d’isoler une difficulté et de la travailler sous toutes les coutures, dans un contexte mélodique. C’est ce qui différencie l’ « étude » d’un « exercice de technique pure » : l’étude aborde ces points techniques dans un contexte musical.
Par exemple, une des difficultés courantes réside à arriver à dégager la ligne mélodique des innombrables notes qui l’entourent afin de la mettre en valeur. Il s’agit pour l’instrumentiste de sublimer la difficulté technique de ces études pour en faire une « Œuvre » à part entière.

Études et exercices de technique pure sont donc complémentaires

Augmenter la confiance en soi

Maîtriser une étude, et après quelques temps, terminer un cahier d’études, est à la fois un soulagement mais aussi une grande fierté ! Être allé au bout de cette compilation de difficultés procure beaucoup de satisfaction et permet de se rendre compte des progrès que l’on a réalisés : on se retourne, on voit le chemin parcouru et on réalise à quel point ce chemin était escarpé et difficile … Ces petites victoires donnent confiance en soi et rendent capable de « grimper » encore un niveau et de passer à l’étape suivante.

En fait, le travail des études, c’est la séance d’ « entraînement fractionné » lorsqu’on s’entraîne à la course à pied : cela vous oblige à aller au bout de vous-même, parfois même à aller au-delà de ce que vous vous pensiez capable de faire ! On y va à reculons, parce qu’on sait que cela va être terrible ! Mais après, on réalise qu’on est devenu un meilleur coureur, qu’on a progressé et que la course suivante paraîtra plus facile.

On peut alors commencer à rêver à des objectifs plus ambitieux 🤩.

Les études nous permettent de repousser nos limites et petit à petit, les progrès sont audibles.

Être à l’aise dans les morceaux

Une étude nous oblige à répéter et à maîtriser en profondeur les difficultés technique de notre instrument. Dans les œuvres du répertoire, ces difficultés sont rarement développées d’une façon aussi extrême. En travaillant des études, les « problèmes » rencontrés dans les morceaux semblent plus abordables et, libérés de la technique, nous pouvons nous concentrer sur le principal : la musique ;-). Le plaisir que l’on ressent en jouant en est la preuve ! 🤩

Saviez-vous que …?


Saviez-vous que certaines études sont devenues de véritables « tubes », notamment pendant la période romantique ? En effet, à cette époque, la virtuosité était à l’honneur et certaines études pouvaient être de véritables pièces de concert. Les études de Paganini pour violon, par exemple, sont très célèbres. Elles ont été transcrites pour de nombreux instruments (dont la flûte) et elles sont souvent jouées en concert. Voici une interprétation à la flûte du 24ème caprice de Paganini par Marina Piccinini, extrait de son album : 24 capricci.

Nous espérons que ce petit article expliquant l’intérêt des études vous a été utile.

Avoir une vision claire et précise des objectifs et des bénéfices d’un travail ardu est la meilleure source de motivation !


Sur notre chaîne Youtube, Amélie a enregistré les 20 études mignonnes de G. Gariboldi., un cahier d’études pour les débutants (à partir de la 2ème année). Nous vous proposerons d’autres études et des conseils pour les travailler !

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